L’interview de Charlotte Savary pour son album « Seasons » (01/2017)

Charlotte Savary, concert aux 3 Baudet (Photo : www.lecargo.org)
Charlotte Savary, concert aux 3 Baudet (Photo : www.lecargo.org)

Bonjour Charlotte.
Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore tu t’appelles Charlotte SAVARY, tu es chanteuse, auteur, compositeur et interprète. Tu es originaire de la région parisienne. Depuis 2002, tu collabores sur différents projets parmi lesquels Clover, Wax Tailor, Meeting Point et Felipecha. En octobre dernier, le 7, tu sors ton premier album solo «Seasons» que tu présentes au public hier soir en full band aux 3 Baudets.

Ultimusic : À quel âge tu as commencé à t’intéresser à la musique, pas simplement l’écoute mais l’écriture et la composition ?

Charlotte : À l’adolescence, j’ai commencé à écrire pas mal de textes, à chantonner. Ça n’avait pas une forme précise. Mon frère qui m’entendait chanter à la maison, m’a proposé de chanter dans son groupe de reprises. C’est comme ça que j’ai commencé à appréhender la scène, par des reprises et le chant. Je m’y suis intéressée. J’ai voulu prendre des cours de chant et en parallèle j’ai continué à écrire des textes et à inventer des mélodies. La composition s’est concrétisée grâce aux premiers compositeurs que j’ai rencontrés, notamment Garin Le Thuc de Clover. Comme je ne jouais encore d’aucun instrument, rencontrer un compositeur, c’était l’idéal. Il m’envoyait un instrumental.  À partir de là, je créais le texte et la mélodie. J’ai fonctionné comme ça avec Clover, Wax Tailor et Philipe de Felipecha. Après, je me suis lancée seule dans la composition, musique incluse.

Ultimusic : As-tu fait le choix de faire une carrière dans la musique ou bien as-tu commencé par étudier autre chose ?

Charlotte : J’avais commencé par des études de droit anglais. Je me suis réorienté vers l’anglais puis vers la communication. J’ai poursuivi ces études jusqu’au master en anglais et communication. En parallèle je faisais de la musique pour le plaisir. La carrière musicale a débuté à force de rencontres et d’expériences dont certaines se sont transformées en réels projets professionnels.

Ultimusic : Après une carrière intense et diversifiée qui t’a menée sur de nombreuses scènes, tu as pris le risque de confronter tes propres compositions pour te lancer dans une carrière solo. Est-ce que tu as eu peur ?

Charlotte : Oh, non, pas du tout. J’ai quand même 10 ans d’expérience et je n’ai pas eu particulièrement peur même si c’est moins confortable d’être seule vu que j’ai toujours été bien entourée. Effectivement, je suis sortie de ma «zone de confort» mais ça ne m’a pas angoissée plus que ça. Ça a été un processus naturel. Je ne sais pas faire les choses qui ne me viennent pas naturellement. C’est pour ça que ça a été assez long. J’ai commencé à composer en 2010. J’ai sorti l’album en 2016. À aucun moment je n’ai brusqué les choses et j’ai pris le temps de la maturation de ce projet.

Ultimusic : Dans cet album tu mets à nu ta propre expérience d’amour à travers les saisons. C’est très intimiste et personnel. Comment t’es venu le thème de cet album ?

Charlotte : Il est venu progressivement quand j’ai commencé à composer des textes et des mélodies toute seule. Je ne me suis pas imposée de sujet mais très vite j’ai vu que beaucoup de ces morceaux étaient imprégnés de mon histoire d’amour qui se finissait. Ces premières compositions étaient liées aux saisons. Dans beaucoup de morceaux, j’avais des impressions temporelles, des descriptions de paysages qui défilaient à travers les saisons, le tout rythmé avec légèreté par le picking des guitares, un peu comme une cavalcade. Une fois que je m’en suis aperçue, j’ai essayé d’organiser l’album pour raconter cette histoire à travers les saisons. J’ai commencé par l’été, c’est à dire au moment où l’histoire d’amour est née et j’ai terminé avec le printemps, symbole de renouveau.

Ultimusic : Quelles sont tes techniques de compositions ? Est-ce le texte qui inspire la mélodie ou le contraire ?

Charlotte : J’en ai plusieurs. Je compose au piano en posant des accords ou alors avec des softwares. Il y a beaucoup de titres de l’album qui ont été composés sur iPad. En terme de composition, sur cet album les musiques sont venues en premier. C’est souvent le cas d’ailleurs, surtout en ce qui me concerne en Anglais : j’aime avoir d’abord un univers avec un tempo et des accords qui vont ensuite porter une mélodie. Ce n’était pas le cas sur Felipecha où on composait à partir de paroles pour vraiment coller aux vers et au sens des textes. En fait, j’ai connu deux approches différentes mais celle que j’ai toujours utilisée c’est d’abord la composition qu’elle soit vocale ou musicale et puis ensuite les textes. Je compose en général une musique. La mélodie vient plutôt de façon évidente et les premiers mots me viennent automatiquement. Je regarde alors ce qui est sorti comme mots, comme impressions et j’écris. Il y a des morceaux comme ça, comme « Winter » et « Oh Rose » où les premières phrases sont venues toutes seules et quand j’ai vu quel était le thème, j’ai écrit dans la lignée. Finalement, c’est un processus assez instinctif et naturel. C’est la mélodie et la composition qui me portent.

Ultimusic : Après le premier pas qu’est cet album, tu comptes continuer en solo ?

Charlotte : J’ai envie de continuer à faire des morceaux seule et rester dans cette bulle intimiste en terme de création mais j’ai aussi des envies de collaborations car c’est très enrichissant. Donc je vais donc faire les deux.

Ultimusic : Es-tu attirée par d’autres arts ? As-tu envie de faire du cinéma, par exemple ? J‘ai vu que tu avais joué dans plusieurs épisode de la web-série «Les Ritals» diffusée sur YouTube. C’est un premier pas ?

Charlotte : Franchement, pas particulièrement. Pour « Les ritals », ça s’est fait comme ça parce que ce sont des amis. J’ai également tourné dans pas mal de clips, j’ai un rapport assez naturel avec la caméra mais je ne suis pas du tout comédienne. Si on me propose pourquoi pas mais ce n’est pas une envie particulière.

Ultimusic : Je ne sais pas si tu connais l’objectif du site Ultimusic. Il s’agit de promouvoir des artistes émergents pour sortir un peu des sentiers battus par les médias. Tu es une artiste et créatrice qui croit au besoin presque vital de partager ton inspiration. Quels conseils pourrais-tu donner à d’autres passionnés qui souhaiteraient de toute leur âme partager leur projet ?

Charlotte : Le plus important c’est la sincérité. On voit beaucoup de choses un peu partout, dans la musique, qui sont très calculées et cérébrales, dans tout ce que les médias nous abreuvent, liées au marketing. Je conseille à ces gens-là de ne pas penser à ces facteurs là mais de produire des choses sincères. Quand il y a sincérité, il y a moyen de toucher un public. Il faut faire les choses sans chercher le succès à tout prix. Il faut rester indépendant pour créer vraiment ce que l’on veut et surtout avoir une réelle sincérité et un rapport aux gens qui reste entier.

Ultimusic : Y a-t-il parmi tes écoutes actuelles des artistes émergents que tu voudrais faire connaitre ?

Charlotte : J’ai des amies chanteuses dont j’apprécie beaucoup les projets musicaux. Par exemple Céline Ollivier qui m’accompagnait hier soir à la guitare. C’est une artiste formidable qui sort un album le 13 janvier 2017 : « Grands espaces ».
J’ai une autre amie qui s’appelle Nathalie Réaux qui fait de très belles choses dans un style pop-onirique (déjà publiée sur Ultimusic pour son projet Pagan Poetry) et également Karen Lano qui font partie de ces artistes qu’il faut soutenir car elles sont indépendantes, passionnées et sincères.
Après, il y a des artistes que j’aime et qui n’ont pas forcément besoin que je les cite mais, dernièrement, j’ai beaucoup apprécié Agnès Obel parce que c’est une musique que je trouve exceptionnelle à plein d’égards mais elle cartonne déjà. Il y a également Scott Matthews, mais il est déjà connu aussi.
J’ai surtout cité en premier des personnes qui sont dans mon cercle d’amis et qui méritent énormément d’être plus écoutés.

Ultimusic : Y a-t-il une question que tu aimerais qu’on te pose et à laquelle personne n’a jamais pensé ?

Charlotte : Non, pas vraiment parce que je n’ai pas d’attente particulière. Je trouve déjà que ce n’est pas forcément une obligation pour un artiste, en tout cas quelqu’un qui fait de la musique, de s’exprimer parce que la musique peut parler d’elle-même.
C’est toujours intéressant en tout cas qu’on nous pose des questions parce que ça nous fait réfléchir sur notre processus de création. Ça nous pousse à verbaliser des choses qui ne sont pas forcément dites alors que c’est intéressant et qu’il y a des gens que ça intéresse.

Merci beaucoup pour ta sincérité, ta disponibilité et ta gentillesse. Félicitations encore pour le concert d’hier soir qui était vraiment exceptionnel et à l’image de ton album, intimiste, sensuel et chaleureux.

J’invite tous les internautes à en découvrir un peu plus sur l’article qui t’es consacrée sur Ultimusic et au sein duquel on peut retrouver les liens vers ton site et tous tes réseaux de partage et diffusion : Charlotte Savary, la voix de l’ange chanteuse parisienne.

Charlotte Savary, concert aux 3 Baudet